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Crise : il est risqué ... de ne pas prendre de risques

par Amine Bouayad

dimanche 2 novembre 2008 - Mis à jour le mercredi 23 janvier 2013

Tout d’abord, il me semble nécessaire d’essayer tant bien que mal d’expliquer ce qui se passe dans l’économie, afin de démystifier un peu ce trou noir qui est source de méfiance, et d’inquiétudes.

Les coupables sont nombreux

Le but n’est pas d’essayer de trouver les coupables - il y a beaucoup de candidats - mais plutôt d’illustrer le fonctionnement (ou le blocage) de l’économie dans une situation extrême, qui permet de bien saisir l’importance de toutes les composantes. En particulier : les produits financiers dérivés et la difficulté de les valoriser, les sociétés de notation qui n’ont pas fait leur travail, les contraintes comptables de mark-to-market qui peuvent rapidement limiter l’accès au crédit, le consommateur qui ne comprend pas toujours qu’un prêt doit être remboursé quelle que soit la valeur du bien qui le nantit, ou qu’investir en bourse plutôt que dans un livret A comporte beaucoup plus de risques. Sans oublier les déficits gouvernementaux qui favorisent l’inflation, et l’influence des taux d’intérêts sur la monnaie.

Il y a peut être des illustrations ou métaphores qui peuvent aider à vulgariser tout çà. C’est peut-être trop compliqué, et risque de ne pas intéresser grand monde. Ce premier point néanmoins évoque un concept fondamental qui est à mon avis mal compris, et qui est la source de beaucoup de déboires : le risque.

Une culture du risque qui fait défaut

Même si les plans de sauvetage faussent la donne en maintenant en vie des institutions financières qui ont pris trop de risques (et qui devraient disparaître), il y a quelque chose de sain dans les bases du tandem prise de risques / résultats. La notion de risque, qui implique forcément la notion de temps (s’il n’y a pas de lendemain, il n’y a pas de risque) n’est pas réellement ancrée dans la culture de la personne lambda et fait souvent défaut.

Par exemple, est-il plus risqué à terme d’attendre de voir venir et de bien sécuriser son job, ou de se lancer dans une nouvelle aventure, peut-être en en prenant plein la figure au début, mais d’avoir finalement réussi à créer quelque chose ou poursuivre une passion ? Il y a une prise de risque, mais je pense qu’il est encore plus risqué pour le futur... de ne pas prendre certains risques aujourd’hui.

Quel sera l’état de la sécurité sociale, des retraites dans 30 ans ?

Que faire ?

Bien sûr, certains jobs sont épanouissants, mais que faire à 50 ans quand il n’y a plus de job et des candidats qualifiés plus jeunes, pas assez d’économies et de moins en moins de couverture sociale ?

Réponse : essayer de ne pas dépendre entièrement de la société pour laquelle on travaille, et encore moins du gouvernement.

Il y a un tas de choses à faire dans le domaine des énergies renouvelables. Les plus grands VCs (venture capitalists) de la Silicon Valley prédisent que ce marché sera plusieurs ordres de magnitude plus gros que le boom Internet de la fin des années 90.

Se lancer maintenant est peut-être le pire moment, mais trop attendre est encore plus risqué. Il faut souvent des fonds pour commencer, mais en creusant, il y a des sources, y compris la couverture sociale importante (je me trompe peut-être) ou les prêts P2P (voir par ex. lendingclub.com ou prosper.com)... à condition bien sûr de bien comprendre et évaluer les risques entre les parties.

Amine Bouayad dirige Datavolution, Inc., une firme de conseil technologique qu’il a fondée il y a 5 ans à San Francisco (Californie), spécialisée en modélisation prédictive et en analyse de données.

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P.-S. NB : le titre et les intertitres sont du comité de rédaction de Humandee.