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Innovation. Le rapport Beylat-Tambourin, un rapport de trop ?

lundi 1er juillet 2013 par Jean Bourdariat - Mis à jour le mardi 2 juillet 2013

Le rapport Beylat-Tambourin sur l’innovation en France, publié en avril 2013, propose 19 recommandations, qui nous semblent relever davantage de la bureaucratie dont souffre notre pays que de la libération des initiatives et des énergies que nous espérons.

Pour les auteurs de ce rapport, l’innovation résulte de plusieurs facteurs :
- une bonne culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat,
- un transfert efficace vers le monde socio-économique des résultats d’une R&D performante,
- des financements publics et privés (en particulier le capital-risque) pour la croissance des entreprises innovantes,
- l’existence de réseaux d’acteurs ancrés sur les territoires, les “écosystèmes”, qui catalysent les trois éléments précédents.

Pour accroître l’innovation, il nous faut des innovateurs en plus grand nombre, et pour cela des actions qui vont donner des résultats tout de suite (CT), dans 2 ou 3 ans (MT), ou au-delà de 5 ans (LT).

Sept actions pour libérer l’innovation et les innovateurs ...

Pour des résultats à court terme :

1. Un environnement fiscal favorable : l’innovation réussie doit permettre à l’innovateur de s’enrichir beaucoup si la valeur de l’innovation le permet.

2. Un environnement réglementaire simplifié : allègement ou dispense de normes, de formulaires et de statistiques à fournir.

3. Des crédits remboursables.

4. Des grands projets associant grandes entreprises et PME.

5. Une campagne de communication intense, intelligente et pédagogique sur la science, l’innovation et l’entrepreneuriat.

Pour des résultats à moyen terme :

6. Concentrer l’effort sur la création et le fonctionnement d’un nombre réduit de plateformes d’échanges ou de clusters.

Pour des résultats à long terme :

7. Éducation à l’école : créativité, innovation et entrepreneuriat.

... et deux actions immédiates pour encourager l’embauche rapide de salariés par les innovateurs :

1. Réduire les charges salariales et patronales pour augmenter le salaire net des salariés et réduire le coût complet du travail.

2. Permettre aux entreprises en croissance de recruter des travailleurs sans emploi qui continueraient à percevoir leur allocation de chômage selon un dispositif analogue à l’ACCRE.

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2 Messages de forum

  • Innovation. Le rapport Beylat-Tambourin, un rapport de trop ?

    1er juillet 2013 18:47, par Nouvel auteur

    Tout d’abord, il faut rappeler pourquoi un flux d’innovation est utile à un pays-état-communauté. C’est seulement pour que le niveau de vie soit plus élevé que ceux qui innovent moins. Actuellement, depuis pas mal d’année, la France innove moins que ses grands concurrents industrialisés et cela se voit dans les balances commerciales et la stagnation de son économie, avec une part très élevée de sa population en age et capacité de travailler au chômage ou bricolant dans l’économie informelle, par définition à faibles valeurs ajoutées et pas d’exports.

    Le niveau d’innovation d’un pays c’est un peu la moyenne entre ceux qui innovent pas ou peu et ceux qui innovent et sont des leaders mondiaux.

    La meilleure manière d’élever le niveau d’innovation d’un pays consiste à aider les entreprises innovantes en croissance, de façon que leur poids dans l’économie augmente. Ce qu’ont fait les suédois, qui exportent 50% de leur PIB industriel !.

    Toutes les autres actions de ce billet ou du rapport Beylat, très orienté valorisation de la recherche, sont entre improbables dans la situation budgétaire et financière ou à plus long terme.

    Le plus rapide c’est de faciliter-organiser-financer la formation des disponibles directement dans les entreprises en croissance, pas dans des salles de classe, dont même les profs sont forcément en retard par rapport aux innovateurs.

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    1 réponses
    • Innovation. Le rapport Beylat-Tambourin, un rapport de trop ? 2 juillet 2013 11:27, par Jean Bourdariat

      « La meilleure manière d’élever le niveau d’innovation d’un pays consiste à aider les entreprises innovantes en croissance, de façon que leur poids dans l’économie augmente. »

      Certainement !

      Mais les entreprises, ce sont des hommes et des femmes qui les imaginent, qui les créent et les développent.

      Il faut redonner de l’attractivité aux métiers d’entrepreneur et d’innovateur pour que les personnes qui en ont les qualités se tournent plus volontiers vers l’aventure et le risque. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Il faut du concret : pour qu’un innovateur prenne des risques, il faut qu’il puisse y gagner financièrement beaucoup, car il risque aussi de perdre beaucoup.

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