Newsletter

Accueil du site > Du tac au tac > Le micro-crédit est un outil efficace, mais il ne remplace pas une bonne (...)
aaa

Le micro-crédit est un outil efficace, mais il ne remplace pas une bonne politique économique

dimanche 27 novembre 2011 par Jean Bourdariat - Mis à jour le vendredi 16 novembre 2012

JPG - 18.5 ko
Cliquer sur l’image pour accéder à la synthèse de l’étude

Selon une étude de Humandee, environ 70.000 entreprises en création et 40.000 entreprises au cours de leurs trois premières années d’existence avaient eu accès à un prêt bancaire en France (année 2007). Environ 10.000 entreprises, n’ayant pas eu accès à un prêt bancaire, ont pu bénéficier d’un micro-crédit non bancaire.

L’acteur majeur est l’Adie, qui répond à plus de 90 % aux demandes du marché du micro-crédit professionnel dans le pays. En 20 ans d’activité, l’ADIE a octroyé 80.432 micro-crédits pour 65.527 micro-entreprises et 78.632 emplois créés. La France est le pays d’Europe de l’ouest où la micro-finance s’est le plus développée. Selon l’Inspection Générale des Finances, il y aurait un potentiel de 190.000 micro-crédits professionnels à satisfaire. Pour les auteurs du rapport Adie-Fonds Européen d’Investissement, la demande potentielle se situerait entre 90.000 et 140.000 micro-crédits chaque année. Les demandeurs de micro-crédits professionnels en France sont avant tout des personnes pauvres, exclues du marché du travail ; ces demandeurs sont souvent interdits bancaires, des femmes, des migrants.

Il existe en France un grand nombre d’acteurs ayant pour mission d’aider les créateurs d’entreprises : détection des micro-entrepreneurs, fonds de garantie, organismes bancaires, capital-risque, institutions de microfinance, acteurs publics. L’offre aux créateurs de micro-entreprises comporte le micro-crédit, la micro-assurance et un accompagnement amont et aval, partant du constat que les chances de réussite du micro-entrepreneur sont augmentées s’il est accompagné.

Dans un pays où les cotisations sociales sont plus élevées que chez ses voisins et où les formalités administratives pour créer une nouvelle activité sont lourdes, beaucoup a été fait pour alléger les cotisations et simplifier les démarches. Ces allègements et simplifications sont soumis à des plafonds de chiffre d’affaires qui permettent aux micro-entrepreneurs d’en bénéficier pleinement. Elles sont notamment le résultat de l’introduction en 2009 d’un statut d’autoentrepreneur, qui a conduit à plus qu’un doublement du rythme de création de micro-entreprises. Les auto-entrepreneurs ont réalisé globalement un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros pour la première année (2009). En 20 ans d’activité, l’Adie a octroyé 80.432 micro-crédits pour 65.527 micro-entreprises et 78.632 emplois créés. Avec un taux de pérennité des micro-entreprises sur 2 ans estimé à 65%, et un taux d’insertion des micro-créateurs de 80%, le modèle de l’Adie a montré son efficacité en tant qu’institution de micro-finance.

La micro-finance est en France un remède efficace pour aider les personnes pauvres et les chômeurs de longue durée à sortir des trappes d’inactivité dans lesquelles elles ont été enfermées. Pour autant, nous pensons que la micro-finance, à elle seule, ne peut pas résoudre les problèmes structurels, économiques et sociaux, qui font que se maintient en France une importante population pauvre et une exclusion inacceptable des jeunes et des immigrés du marché du travail. Avec Esther Duflo, nous pensons qu’un politique économique vigoureuse doit donner la priorité au développement d’un « vrai secteur salarial », dans l’industrie et dans les services.