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Les grandes idées et inventions européennes sont-elles universelles ?

jeudi 21 janvier 2010 par Jean Bourdariat - Mis à jour le vendredi 16 novembre 2012

Les connaissances résultant de la production intellectuelle en Europe à partir de la renaissance sont considérées comme universelles. La critique décoloniale porte sur cette universalité qui a été et est encore utilisée comme un instrument de domination. Des concepts comme la démocratie, les droits de l’homme, sont mis en question, alors que pour la majorité des gens, ce sont des conquêtes de l’humanité. Le fait d’être considérée comme universelle n’empêche pas la démocratie d’être régulièrement questionnée et critiquée, comme le résume la formule « la démocratie est le plus mauvais système de gouvernement, à l’exclusion de tous les autres ». Mais l’exigence démocratique, brandi autoritairement par des pays du nord, apparaît comme un instrument de plus de la domination des pays en développement.

Peut-on pour autant prétendre que toutes les connaissances élaborées par des européens ou euro-américains sont eurocentriques ? Est-ce que toute découverte ou tout concept est « localisé » et « non universel » ? ou au contraire, certains garderaient néanmoins une valeur universelle ?

Il convient ici de distinguer les connaissances issues des sciences exactes et celles issues des sciences humaines. Les sciences dites exactes portent sur des connaissances vérifiables par des démonstrations ou des expériences reproductibles par des scientifiques autres que l’auteur de la connaissance. La durée de vie d’une connaissance scientifique peut se compter en siècles, comme par exemple le temps qui sépare la formulation de la loi de la pesanteur par Newton des lois de la gravité universelle d’Einstein. Certaines connaissances scientifiques peuvent être formulées par un travail théorique, et validée par des observations expérimentales réalisées des dizaines d’années plus tard (c’est le cas de la théorie de la relativité générale). Les connaissances issues des sciences humaines et sociales ne peuvent pas être validées aussi incontestablement que celles issues des sciences exactes. Même si des méthodologies parfaitement rigoureuses peuvent être utilisées, les résultats de travaux en sciences humaines peuvent facilement être l’objet d’interprétations au sein de la communauté académique. Le risque d’interprétations qui échappent à l’auteur d’idées ou de concepts en sciences humaines est encore plus fort quand des non-professionnels (par exemple des politiques) s’en emparent, ce qui est plus rare dans les sciences exactes.

LES CONNAISSANCES ETABLIES PAR LES SCIENCES EXACTES SONT-ELLES UNIVERSELLES ?

Le corpus de connaissances développé depuis 500 ans est considérable dans toutes les disciplines scientifiques : mathématiques, physique, médecine, agronomie, chimie, astronomie. Quelle que soit la localisation du découvreur, de nombreuses découvertes sont reconnues et acceptées comme universelles par la communauté scientifique, donnant lieu à des applications technologiques qui sont un accélérateur de la modernité. Lorsque le découvreur est européen ou euro-américain, peut-on pour autant soutenir que telle découverte est eurocentrique ? Si les ambitions de développer une science marxiste à l’époque de Staline ont sombré, comme l’a montré l’exemple utopique, caricatural, mais réel, du projet des orangers du Lac Balaton, les découvertes d’Euclide, Pythagore, Archimède, Thalès, Démocrite, Ptolémée, Arybhata, Musa al-Kwarizmi, Bacon, Newton, Gauss, Bell, Pasteur, Einstein, Bardeen, Néel, … sont reconnues comme universelles par les scientifiques, chacune d’elle constituant un brique ou un pan de l’édifice de la connaissance scientifique [1] . Les lois de la gravité, l’équilibre des écosystèmes, la supraconductivité et sciences humaines sont des découvertes dont on peut affirmer le caractère universel. Il n’y a pas d’obstacle intellectuel ou épistémologique à ce que les scientifiques de tous les pays se les approprient. Pour les pays en développement, les principaux obstacles à l’appropriation de connaissances scientifiques sont d’ordre matériel (comment avoir les moyens de former ?) et individuels (choix du jeune scientifique de se mettre au service de son pays et de ne pas émigrer pour obtenir de meilleures conditions de vie au nord).

En matière de production scientifique, les pays du nord dominent statistiquement les autres pays. Entre 1988 et 2003, les pays de l’OCDE auraient produit 83 % des articles scientifiques dans le monde [2]. Cette situation de domination académique est-elle une conséquence de l’eurocentrisme des concepts à la base de la modernité, ou bien est-ce la qualité de la production scientifique européenne qui a conduit à cette domination ? Les pays musulmans ont longtemps relayé les connaissances antiques vers le temps contemporain, du fait de l’intolérance ou de l’obscurantisme de l’Europe. Auraient-ils un jour tourné le dos à la modernité, comme l’historien Serge Grusinski en émet l’hypothèse ? ou est-ce que ce sont l’ambition militaire et l’intolérance européenne qui ont écarté les pays musulmans de la modernité ?

Gruzinski rappelle l’importance de l’héritage musulman pour l’Europe chrétienne dans l’écriture de l’histoire, dans la pensée philosophique et même dans la mystique chrétienne, avec les apports d’Averroès, d’Avicenne (philosophie), d’Algazel (gnose islamique), d’Abenragel et d’Albumazar (Astrologie). La médecine universitaire européenne suit les Persans Rhazès et Avicenne (un hôpital public parisien porte son nom), elle lit Hippocrate dans sa version arabo-latine. Grusinski relève que malgré l’apport de la science islamique, les lettrés chrétiens « nient carrément l’existence d’une pensée philosophique originale, en allant jusqu’à prétendre qu’elle aurait été bannie par Mahomet lui-même » [3] . La rivalité entre l’Europe et l’empire turc apparaît dans cette phrase : « la conquête de l’Amérique est un signe que Dieu adresse aux rois catholiques ». Le chroniqueur turc anonyme de l’ « Histoire de l’Inde de l’Ouest », dont Grusinski analyse les écrits, demande en 1580 que « l’épée altérée de sang du peuple de l’Islam pénètre jusqu’à cette terre si profitable, que les contrées [du nouveau monde] se remplissent des lumières des rites de l’Islam et que […] les trésors des incroyants couverts d’ignominie soient partagés entre les maîtres de la Guerre sainte et notre nation engagée dans toutes ses forces » [4] . Ce souhait ne se réalisera pas. Serge Gruzinski soulève l’hypothèse que ce serait à cette époque que, ne pouvant entrer en compétition avec les européens dans leurs nouvelles conquêtes, l’Islam réorienta ses ambitions vers le moyen-orient et l’est asiatique, négligeant les nouvelles idées qui apparaissaient en Italie, en France, en Hollande, s’écartant de la « modernité » à l’européenne en tournant ses ambitions géopolitiques vers l’orient. Il faudrait rechercher et analyser les déterminants qui font qu’aujourd’hui, les universités des pays arabes ne rivalisent pas avec leurs homologues d’Amérique du nord et d’Europe sur leur raison d’être : la production et la transmission de connaissances.

Ainsi il ne faut pas chercher dans une épistémologie eurocentrique les racines de la domination des pays du nord dans le domaine des sciences exactes. Plus probablement, l’enrichissement des pays du nord leur a donné les moyens d’un effort de formation et de recherche jamais vu auparavant, aboutissant à la masse de découvertes scientifiques au fil des siècles.

L’UNIVERSALITE DANS LES SCIENCES HUMAINES

Les sciences humaines nécessitent toujours un effort important du chercheur pour définir et faire partager le sens des termes utilisés dans sa discipline. On n’a pas la certitude que tous utilisent une définition identique des termes, et cette définition peut n’être pas comprise de la même manière par tous. En dépit de la philosophie qui prétend depuis Descartes distinguer l’esprit du corps et du monde, les sciences humaines traitent d’une réalité humaine variable selon les populations, les régions et les époques. La prétention à l’universel des concepts en sciences humaines peut être l’objet de soupçons que la recherche d’universalisme des auteurs est liée à l’ambition de la communauté disciplinaire ou du groupe social auxquels ils se rattachent et à leur ambition personnelle. Nous examinerons cette assertion à partir de deux exemples : une discipline, la psychanalyse ; un concept, la démocratie.

Freud ambitionnait que sa discipline traverse les barrières culturelles et devienne un mouvement international. Ses disciples à Vienne, à Paris, à Londres l’aidaient à tester et valider ses idées dans un milieu culturel homogène, associant tradition judéo-chrétienne et distanciation du religieux. Médecin de formation, Girindrasekhar Bose (1886-1953) fut le premier à développer en Inde la psychanalyse, et c’est à ce titre qu’il échangea avec Freud une correspondance intermittente pendant une vingtaine d’années [5]. Bose utilisa la psychanalyse en association avec les catégories culturelles indiennes pour démystifier la vie quotidienne et pour approcher les pathologies de la classe moyenne indienne « westernisée » des colonies. Il développa ainsi une théorie « déviante » par rapport à celle de Freud, dans laquelle il considérait la sensibilité des objets inertes, les liens de causalité entre tous les objets du monde, la non-incompatibilité entre l’inconscient et la spiritualité. Pour soigner les pathologies, il ne rejetait pas l’utilisation des rituels, de l’ascétisme, de la religion, car dans la tradition indienne, il ne peut pas y avoir de bonheur permanent dans les objets externes.

Alors que Freud délimite le travail psychanalytique au niveau individuel et familial et refuse que la psychanalyse soit une philosophie de la vie, Bose utilise la psychanalyse comme une forme de critique culturelle. Sans aucun doute, Bose est influencé par la situation coloniale de son pays. En même temps qu’il développe ses idées, son contemporain, Owen Berkeley-Hill, qui semble avoir été le premier psychanalyste en Inde, déploie une psychologie coloniale dans laquelle il établit une hiérarchie entre l’homme blanc et les gens dépendants, parmi lesquels il inclut les femmes, les enfants, les primitifs et les névrosés ! Berkeley-Hill, membre du Health Service, qui a fait son analyse avec un psychanalyste gallois réputé, évoque jusqu’à « l’antipathie étrange ressentie envers l’hindou par toutes les races de l’humanité » qu’il explique étrangement par un érotisme anal des hindous »Voir [6] .

Selon Nandy, Freud est gêné par la «  théorie déviante » de Bose pour défendre l’universalité de ses concepts. Il intègre néanmoins dans ses travaux certains éléments intellectuels de Bose, mais en ne les considérant que comme de la « matière première ». Les comportements ainsi décrits de Berkeley-Hill, agent de la politique coloniale britannique, et de Freud, qui ambitionne de faire de la psychanalyse un science universelle, sont clairement eurocentriques. Aujourd’hui, les découvertes des neurosciences, la difficulté de suivre une approche freudienne pour traiter de dérèglements psychologiques liés à des problèmes sociétaux en Europe, les différences de pratiques observées chez les psychanalystes chinois conduisent à questionner de l’intérieur l’universalité des idées de Freud. Un approfondissement de la courte réflexion présentée permettrait de mieux faire la part entre le degré d’universalité des découvertes de Freud et la prétention à l’universalité de la discipline qu’il a créé.

Examinons maintenant le caractère universel de l’idée de démocratie.

Avec la fin de l’URSS, les idées de l’ouest – démocratie, libéralisme, consommation, libre commerce, accumulation de richesses – semblèrent avoir triomphé dans le monde au point que certains y voyaient la fin de l’histoire et l’hégémonie assurée de la seule puissance globale, les Etats-Unis. En dépit de la crise de la « nouvelle économie » de 2000, des attentats du 11 septembre, des déséquilibres financiers du pays, du piétinement en Irak, de la montée en puissance déjà visible de la Chine, George Bush déclarait en 2005 que «  les Etats-Unis ont pour politique de rechercher le soutien et d’appuyer les mouvements et les institutions démocratiques dans tous les pays et dans toutes les sociétés dans le but ultime de mettre fin à la tyrannie dans le monde » [7] . Cette affirmation messianique pouvait-elle être désintéressée, alors que chacun savait que les Etats-Unis avaient la volonté de mieux contrôler les ressources en pétrole des pays du Moyen-Orient ? La démocratie, bien que considérée comme une valeur universelle, était instrumentalisée par le plus puissant pays de la terre, dont elle masquait la volonté impériale.

Au début des années 1990, le président français déclarait aux chefs d’Etats africains : « il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement » [8] . Le premier ministre de Singapour répondit indirectement un peu plus tard que « les droits et libertés entravent le développement économique » [9]. Avec d’autres pays, le Congo Brazzaville appliqua immédiatement les directives du président français en introduisant le multipartisme et les élections au suffrage universel sur le modèle de la 5ème République. La nouvelle constitution congolaise mise en œuvre en 1993 conduisit à la création de partis constitués au final sur la base d’une appartenance ethnique. Le dispositif de gouvernance supposé être démocratique mit fin à 16 ans de paix, occasionna trois guerres civiles, détruisit la capitale, fit des milliers de morts, ramenant l’économie du pays 20 ans en arrière. Peut-on alors affirmer que la démocratie est une valeur universelle et qu’elle conditionne la sortie du sous-développement ? La Chine et Singapour sont une preuve que le contraire est possible. Mais Amartya Sen constate que les famines ont disparu des pays qui ont fait le choix d’un régime démocratique.

Pour Amartya Sen, la démocratie est souvent perçue comme une tentative pour imposer les valeurs et les pratiques occidentales à des sociétés non occidentales [10] . Il estime que l’idée de démocratie souffre d’une vision trop étroite, limitée aux élections et au bulletin de vote. En fait les élections ne sont qu’un moyen. « La force et la portée des élections dépendent de manière critique de la possibilité de l’existence d’un débat public ouvert », dit-il. Et il cite des exemples de débat public et de prise de décision démocratique à divers moments de l’histoire dans les royaumes africains, en Inde, à la cour de Saladin, dans l’empire mongol, en Chine, au Japon . Ce n’est pas l’institution électorale des pays du nord qui est une valeur universelle. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le faible taux de participation électorale aux Etats-Unis, en France et ailleurs, le populisme généré par la démocratie des sondages, les ratés des référendums français, hollandais et irlandais sur l’Europe, ou suisse sur les minarets. Pour Sen, ce n’est pas la démocratie qui est universelle, mais trois valeurs qui la fondent :
- l’importance attachée à la participation politique et à la liberté dans l’existence humaine,
- l’importance d’incitations politiques faisant en sorte que les gouvernements soient responsables et rendent des comptes,
- le rôle constructif de la démocratie dans la formation des valeurs et la compréhension des besoins, des droits et des devoirs.

Ces trois valeurs fondant la démocratie peuvent prétendre à l’universel. Mais ce ne sont pas des valeurs européennes ou nord-américaines. Les pays occidentaux ne peuvent pas s’en attribuer la paternité et auraient avantage à y confronter la réalité des pratiques politiques dans leur propre pays.

DES VALEURS « UNIVERSELLES » A QUESTIONNER

La « valeur prétendument universelle » d’un concept doit toujours être questionnée. La psychanalyse freudienne n’est pas universelle. Elle ne le serait pas non plus si l’on réduit l’univers à l’Europe et à l’Amérique du nord car on sait maintenant que tous les désordre psychologiques ne peuvent pas recevoir de réponse unique. L’école freudienne a longtemps entretenue une ambition d’universalité analogue à celle que peut animer les chefs de file de nombreuses disciplines. De la même manière la démocratie ramenée aux instruments conçus par les européens et les étatsuniens n’est manifestement pas un concept universel. Et le concept de démocratie souffre comme on l’a vu d’avoir été instrumentalisée par le gouvernement des Etats-Unis pour soutenir sa politique étrangère impériale.

Mais il existe des valeurs universelles. Le débat public, un des fondements de la démocratie, semble bien être une valeur universelle, qui suppose que les différences de points de vue sont tolérées et que la discussion soit encouragée. Des auteurs ont montré qu’une telle valeur a été adoptée dans différentes régions du monde à diverses époques. Il serait faux et abusif (et eurocentrique) de prétendre que cette valeur a été enfantée par l’Europe. Nous disposons de constitutions "démocratiques" qui organisent un systême d’élections, mais la constitution ne dit rien de l’organisation du débat public.

La « diversalité » apparaît alors comme une « méthode » amenant à considérer au même niveau une variété de sources de connaissances, formulées dans diverses langues, suivant des formalismes qui leur sont propres. L’examen des significations fera apparaître le contenu signifiant en même temps que la « localisation » des idées. C’est l’identification d’invariants dans les contenu signifiants qui pourra faire apparaître la potentialité d’universalité d’un concept. L’exemple du champ musical montre que la « diversalité » des musiques du monde ne contredit pas l’universalité du langage musical. La diversité des champs, des pratiques et des disciplines musicales est toute la richesse de la musique, les « emprunts » favorisent la création musicale. L’expression musicale est universelle car le langage musical est compris par tous les peuples et les exemples de métissages culturels sont innombrables : des inspirations japonaises de Puccini au blues noir qui fit naître le rock blanc, des chanteuses des ex-colonies portugaises qui triomphent en Europe aux opéras de Mozart réécrits et chantés par un groupe zoulou, des duos de Ravi Shankar et Yehudi Menuhin aux orchestres baroques de Bolivie, des chants arabo-andalous du XIIIème siècle à ceux de la chanteuse juive espagnole Yasmina Levy et à l’orchestre israélo-palestinien de Daniel Barenboïm.

Les méthodes en sciences humaines pourraient-elles être un frein à la diversalité ? Le sens intrinsèque du terme « discipline » implique en effet de se situer dans un cadre conceptuel restreint même si le chercheur s’y sent à l’étroit. Le cadre conceptuel est d’autant plus strict que les chefs de file d’une discipline cherchent à renforcer les différences conceptuelles pour affirmer l’identité de leur courant de pensée et recruter des disciples, ce qui est le contraire d’une approche « diverselle ». S’engager dans une démarche transdisciplinaire pourrait permettre de préciser les conséquences méthodologiques du choix de la diversalité.

Notes

[1] Baconnier Pierre. Histoire des sciences et éléments d’épistémologie, Université Joseph Fourier, Grenoble, http://basic.shsmu.edu.cn/kejian/premannee/BACONNIER_Pierre/BACONNIER_Pierre_P02/

[2] Sur un total de 9 284 513 articles analysés. Source : Science and Engineering Indicators 2006

[3] Gruzinski Serge, 2008, Quelle heure est-il là-bas ? Amérique et islam à l’orée des temps modernes, Seuil, Paris, pp158-159

[4] Tarih-i Hind-I Garbi, Histoire de l’Inde de l’ouest, cité par Gruzinski p.127

[5] Nandy Ashis, 1995, The Savage Freud, Oxford University Press, Delhi, p 81-144

[6] Nandy Ashis p 97. Nandy s’appuie sur une dissertation de Christiane Hartnack, 1988, Psychoanalysis and Colonialism in British India, Berlin, Freie Universität

[7] Discours d’investiture de George Bush devant le congrès, le 20 janvier 2005

[8] Mitterrand François, discours à la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France le 20 juin 1990 à La Baule

[9] Lee, Premier Ministre de Singapour, à la conférence de Vienne de 1993 sur les droits de l’homme

[10] Sen Amartya, 2006, Les racines globales de la démocratie, la démocratie comme valeur universelle, Discours à la Global Conference on Democracy, New Delhi, 14-17 février 1999, Payot, 91 p.